SC4- Détention des femmes pour insolvabilité aux soins obstétricaux et néonatals à Lubumbashi, République Démocratique du Congo: Quid de la couverture universelle des soins maternels et néonatals

Thème : Inégalités de santé

Introduction

Dans cette étude, nous avons déterminé la prévalence de la détention et ses conséquences sur la qualité des soins du postpartum à la maternité de l’hôpital Sendwe.

Méthodes

Notre étude était mixte : descriptive transversale et phénoménologique. Nous avons analysé les dossiers de 85 femmes admises à la maternité Sendwe entre août et septembre 2016, en vue de déterminer, à l’issue de leur séjour, la proportion de celles insolvables pour les soins. Chez les femmes insolvables, grâce aux interviews structurée et semi-structurée, nous avons déterminé les alternatives utilisées pour s’acquitter des frais des soins et la qualité des soins offerts par le personnel de santé.

Résultats

La prévalence de la détention était de 54,1 %. Toutes les femmes insolvables (n=46) étaient détenues. Elles devaient payer une médiane de 317 USD (48-611 USD). La durée médiane de détention était de 5 jours (1-30 jours) : 10 jours pour les césarisées (5-30 jours) contre 3 (2-8 jours) pour celles qui avaient eu une eutocie (p<0,001). A cause de cette insolvabilité, les détenues avaient connu la privation des soins tels que le pansement (53,0 %), les analgésiques (78,1 %) ou les soins au cordon (81,3 %). Elles ont rapporté avoir été victimes des soins irrespectueux (manque de communication avec le soignant, paroles discourtoises : « est-ce que c’est moi qui t’avais donné la grossesse… »). Pour quitter la maternité, 56,2 % se sont endettées, 10,2 % avaient vendu leurs biens ou propriétés, tandis que 33,6 % ont été assistées par les églises ou les personnalités politiques.

Discussions

La couverture universelle en soins de qualité est un objectif difficile à atteindre tant que les dépenses de santé resteront catastrophiques et appauvrissantes pour les ménages, particulièrement pour ceux qui sont déjà pauvres. Renforcer le leadership de l’Etat dans le financement et l’offre des soins obstétricaux et néonatals d’urgence aiderait à y parvenir.

Auteurs

  • NTAMBUE Abel
  • MALONGA Françoise

Mots-clés

  • Equité
  • Inégalités d’accès à la prévention et aux soins
  • Inégalités sociales